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Des câlins aux arbres ?

Le Tree hugging s’est pas mal développé ces derniers temps parmi les amoureux des arbres, et beaucoup de personnes réduisent la sylvothérapie à « faire des câlins aux arbres » - c’est un raccourci véhiculé par toutes les images de tree hugging qui circulent et sont mises en avant pour l’aspect original de cette activité. Le symbole d’un retour à la nature tant désiré, d’un lien au vivant à renouer, d’une fraternité avec les arbres des forêts décimées par la main de l’homme… C’est seulement un symbole, seulement la pointe émergée de l’iceberg.


Parlons donc du câlin.

Autant les câlins entre mammifères sont reconnus pour leurs bienfaits sur la santé (ça booste le système immunitaire ! On sécrète plein d’hormones, ça contribue à notre bien-être et à notre appartenance au groupe etc.) ; autant pour les arbres… c’est une autre histoire. On est clairement dans un autre registre. Alors oui, il se passe des choses quand même hein, mais les arbres ne sont pas des mammifères.


D’abord, parlons du consentement. Si un chat ne souhaite pas être câliné, il s’échappe de vos mains. Vous ne faites pas de câlins aux inconnus dans la rue sans leur demander avant. L’arbre, lui, ne bouge pas, et ne parle pas comme nous. Il nous faut communiquer avec lui si l’on souhaite l’approcher. Vous pouvez vous en passer, mais un câlin c’est quand même plus sympa quand c’est partagé.


La plupart du temps vous le faites déjà sans vous en rendre compte. Souvent un arbre nous attire l’œil, on sent qu’il est accueillant et on a une envie irrésistible de se lover contre lui… mais vous n’y mettez aucune intention. Tout part de lui et de votre rencontre, ce n’est pas vous qui dirigez les choses. C’est naturel et ça coule tout seul.


Vous n’êtes pas là pour décharger toutes vos émotions sur lui, comme vous n’êtes pas là non plus pour lui « envoyer de l’énergie » pour qu’il aille mieux. Ce serait une perception très étriquée (anthropocentrée) de la réalité.

Qui êtes-vous pour savoir ce dont l’arbre en face de vous a besoin, s’il a besoin de quelque chose d’un humain ? Qui êtes-vous pour considérer la forêt comme un lieu de « soin » et les arbres comme des « thérapeutes » (tout en perpétuant un monde qui vous rend malade) ?


Mais d’abord, savez-vous qui vous êtes ? Ou ce que vous êtes ?


Un regard plus large que celui de l’humain est ici nécessaire. Un regard que l’on peut tous avoir, si l’on réapprend à VOIR.


Un regard qui dépasse les illusions de la matérialité.

La séparation étant l’une des plus grandes illusions du monde matériel (mais elle est nécessaire à son existence).


Le monde est multiple, le monde est un.


Si l’on n’est pas séparé, la communication est envisageable, entre tout ce qui existe.


Je peux ressentir ce qu’est et vit un animal, un végétal, un minéral, une goutte d’eau… parce qu’on est tous reliés. Je suis le monde, le monde est en moi. Je peux me faire arbre, montagne, rivière… le temps d’un instant.


C’est ce lien indéfectible qui relie tout ce qui est, qui permet cela.


Retrouve ce lien et tu retrouveras la vie.


Retrouve ce lien et tu goûteras à la joie d’être en vie.


Retrouve ce lien, et ta relation avec les arbres changera. Tu verras qu’ils ont une vie bien remplie, comme tout être, et qu’ils ne font pas simplement partie du décor. Tu verras qu’ils ne sont pas à ta disposition pour te soigner quand ça te chante, mais qu’ils sont enthousiastes à créer ce lien avec toi, si c’est le moment.


Et c’est cette relation, ce lien de cœur, avec tout le vivant, qui soigne.


Parce qu’il te remet dans la vie.



La sylvothérapie, ce n’est pas simplement « faire des câlins aux arbres », c’est bien plus que cela.

C’est, avant tout, un retour à la vie, en nous et autour de nous.

C’est sentir l’amour de la vie qui traverse tous les êtres et nous relie.

C’est créer un lien de cœur avec le vivant.

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